Des arrêts maladie dans l'Egypte Ancienne
- JO
- 7 août
- 3 min de lecture
Absences au travail dans l’Égypte antique : du congé menstruel (pour les hommes) au brassage de la bière
Il y a plus de 3 000 ans, les Égyptiens vivaient déjà des préoccupations proches des nôtres : comment concilier travail et vie personnelle ? Une étonnante tablette égyptienne vieille de 3 200 ans, conservée au British Museum, apporte un éclairage fascinant sur les absences au travail dans l’Égypte antique. Et certaines raisons évoquées pour justifier un congé peuvent aujourd’hui encore faire sourire… ou réfléchir.
Un document exceptionnel : l’ostracon de Deir el-Medineh

Ce fragment de calcaire, appelé ostracon, est daté de l’an 40 du règne de Ramsès II. Il répertorie les journées d’absence de quarante ouvriers du village de Deir el-Medineh, chargés de creuser et décorer les tombes royales de la Vallée des Rois et de la Vallée des Reines.
Loin d’être un simple tableau administratif, ce document recense les arrêts maladie sur cette période et ce site en Egypte Ancienne et constitue donc une source unique sur le quotidien des travailleurs égyptiens et leur rapport au temps, à la famille, à la santé… et même à la bière.
Des arrêts maladie en Egypte Ancienne… et bien plus encore
Parmi les motifs d’arrêts de travail répertoriés, on retrouve des causes très classiques, comme :
une maladie personnelle,
le besoin de s’occuper d’un proche malade,
ou encore la mort d’un membre de la famille, avec les rituels funéraires longs et complexes de l’embaumement.
Mais d’autres raisons sont plus inattendues :
Un ouvrier s’est ainsi absenté après une piqûre de scorpion — un danger bien réel dans les zones désertiques.
D’autres évoquent des tâches domestiques ou rituelles comme le brassage de la bière, une activité si importante qu’elle justifiait un ou plusieurs jours de congé.
Le brassage de la bière : un acte social et sacré
La bière occupait une place centrale dans la culture de l’Égypte ancienne. Elle était consommée par tous, adultes comme enfants, et servait à la fois d’aliment, d’offrande religieuse et de liant social.
Produite à base d’orge et de pain fermenté, cette bière était bien différente de celle que nous connaissons aujourd’hui, avec une consistance plus épaisse. Sa fabrication, essentielle, nécessitait du temps… et pouvait justifier une absence au travail reconnue officiellement.
Un "congé menstruel"… pour les hommes ?
Plus surprenant encore : certaines absences sont justifiées par les "saignements" d’une femme ou d’une fille. On peut y lire une forme primitive de congé menstruel, non pour la femme concernée, mais pour l’homme qui devait prendre le relais domestique pendant cette période.
Ce type d’absence revient fréquemment dans le registre et témoigne d’une certaine prise en compte de la vie familiale et intime dans l’organisation du travail.
L’Égypte antique, un miroir inattendu de nos enjeux modernes ?
Ces exemples nous rappellent que les civilisations anciennes avaient déjà une forme de gestion sociale du travail, incluant la santé, les responsabilités familiales et les pratiques culturelles. Loin d’un monde rigide, l’organisation du travail en Égypte ancienne intégrait souplesse et rituels.
Entre congé menstruel indirect, jours de repos pour cause de brassage de bière, ou piqûres de scorpion, ces absences inscrites dans la pierre nous offrent un aperçu unique du quotidien d’une époque que l’on croyait parfois bien éloignée de la nôtre.
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